26 mars 2013

Critique de jeu : BIOSHOCK INFINITE

On l’attendait tous et il est maintenant parmi nous. Le dernier épisode de la série BIOSHOCK. À l’origine, la compagnie avait prévue livrer plusieurs volets à ce jeu mais finalement, elle se contente de 3. À moins que la popularité grandissante du jeu donne naissance à une nouvelle épopée de DLC, etc. C’est-ce que nous verrons dans les prochains mois.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas BIOSHOCK, c’est un jeu de tir FPS (First Person Shooter) réalisé par 2K Games, ceux-là même qui nous ont offert Bordelands 2. La grande qualité de ce jeu est, sans aucun doute, son originalité. L’histoire se passe en 1912, dans un décor à l’ancienne avec des idées utopiques d’un monde meilleur grâce à l’industrialisation et aussi, à la modification génétique. Je tiens à dire qu’il n’est pas nécessaire d’avoir joué aux deux autres jeux précédents pour apprécier celui-ci. Oui, c’est une histoire qui se déroule au début du 19e siècle mais je crois que les concepteurs ont habilement évité les références aux autres jeux. Donc, les débutants ne seront pas déroutés.

BIOSHOCK s’est toujours démarqué par l’originalité de ses idées et de son scénario, et ce volet n’est pas une exception. Dès le début, le héros que l’on joue a pour but de se rendre à un phare situé au beau milieu de nulle part afin de se faire littéralement catapulté dans une cité volante qui se cache parmi les nuages. Une simple mission : retrouver une fille disparue. Le héros se dissimule assez facilement parmi la foule qui habite cette cité dirigée par un vieil homme appelé « Le prophète ». Cet homme étrange semble exercer une fascination religieuse extrémiste chez les gens et n’apprécie guère la venue du héros qu’il qualifiera de « Faux prophète ». La situation ira de mal en pis pour notre héros bientôt pourchassé par la populace. Mais grâce à un crochet de fer et des concoctions qui lui donnent des pouvoirs quasi magiques, sans oublier qu’il peut se trimballer avec ses armes à feu habituels, notre héros devra accomplir sa mission coûte que coûte. Les mystères et un bon nombre de questions restent sans réponses autour de  cette cité volante et des gens qui y vivent. Et c’est cela la force du jeu : l’intrigue. Celle qui nous pousse à vouloir continuer plus loin dans l’histoire.

Un gros point négatif, enfin, je ne sais pas si cela l’est vraiment : c’est le sujet de certains dialogues des personnages et les idées véhiculées dans le jeu. Dans le 1er épisode de BIOSHOCK, c’était le concept d’une ville utopique dont les dirigeants ne voulaient plus se laisser aller aux jougs du capitalisme, ou encore celui du communiste qui étaient des concepts grandissants au 19e siècle. Dans « BIOSHOCK Infinite », on joue sur un sujet très délicat qu’est le racisme et la race blanche et sa suprématie. Cela me met un peu mal à l’aise. Je comprends qu’au début du siècle, le racisme était très fort mais les concepteurs du jeu avait-il besoin d’inclure cet aspect dans l’histoire ? Lorsque les gens parlent des « nègres », des « chinois » de manière péjorative, et de la torture, ou d’une belle femme ‘blanche’ comme dit un animateur à la fête foraine dans le jeu, cela me laisse perplexe. Et même si on essaie de se rattraper lorsque l’on parle d’équité par la bouche du « Prophète », dans les faits, l’ombre des sous-entendus du racisme est très présent dans le jeu. Je ne sais pas encore où le jeu veut en venir mais, 2K Games s’engage sur un terrain glissant car, comme vous le savez, tout est sujet à interprétation, même si leurs intentions étaient bonnes. Ce qui revient à dire que, par la nature des sujets et aussi de la violence de certaines scènes, ce jeu n’est pas pour les enfants.

Autre point, ce matin quand j’ai installé le jeu sur PC, j’ai eu quelques difficultés car je voulais bénéficier du mode 'ULTRA' avec DirectX11 mais à ma grande déception, le jeu semblait saccader sur mon ordi qui est très performant. Or, c’est avec une certaine amertume que j’ai dû mettre les graphiques sur 'MOYEN' pour pouvoir jouer de manière fluide. Heureusement, je me suis aperçu que je ne perdais que les jeux de lumières dynamiques du mode « Ultra » à « Moyen ». Sans compter, que j’ai dû ajuster les paramètres graphiques pendant un certain temps avant d’obtenir ce que je désirais. Ce fut ma première et seule déception.

Alors coté graphique, c’est beau mais pas suprême. Cela ressemble un peu aux graphismes que l’on retrouve dans le jeu « Dishonored ». (Mi-réaliste, mi-dessins). Toutefois, le visuel des décors bien imaginés et enchanteurs rehaussent notre curiosité à explorer les divers bâtiments qui parsèment notre route. Malgré tout, dans ce jeu, on se déplace du point A au point B et ce, même si le chemin est sinueux et tordue. On peut revenir assez facilement sur nos pas mais ce n’est pas le genre de jeu à géographie ouverte comme Bordelands 2, par exemple.

Coté gameplay, ce jeu a été développé définitivement pour une manette de jeu pour console. Or, je m’explique mal ce choix puisque c’est un jeu de tirs, et avec une manette, je trouve cela pénible. Pas très précis. J’imagine que cela dépend des goûts. Heureusement, nous pouvons configurer les touches du clavier et la souris dans les options. Coté audio, j’ai installé le jeu en « français » car chez 2K Games, on prend cela au sérieux, et la série a toujours bénéficié d’une excellente traduction.

En terminant, beaucoup de critiques de jeux sur les sites web qualifient ce jeu de grand gagnant du meilleur jeu de l’année 2013. Moi, j’ai mes réserves à ce sujet. Il est beau, oui. Il est original, oui. Sa durée de vie, je ne le sais pas encore. Moi, c’est l’intérêt dans son ensemble qui est un point crucial. Souvent dans les jeux, on a des introductions incroyables mais c’est le reste qui finit par s’essoufler et devenir répétitif. Et c’est que je vais tenter de découvrir. Malgré tout ce que je viens de citer ci-haut, je crois que ce jeu est un bon achat.

Gr : 4, Gm : 3, In : 4 // Dv : 1 (14 heures), Prix : 59,99$ (Steam)

Note : 11/15
Site officiel du jeu : http://www.bioshockinfinite.com/fr/home

Bande annonce :